[EDITORIAL] Europe, la grande étrangère

Posted on décembre 12, 2011

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L’Union Européenne est omniprésente dans l’actualité politique de cette fin d’année. Pourtant, tel un incompréhensible paradoxe, sa perspective n’a jamais semblée aussi lointaine. Sa légitimité est mise à mal, sa capacité à rassembler ne semble plus moteur et le principe d’une gouvernance des Etats s’amenuise. Comment pouvons-nous nous résoudre à une telle fatalité à l’heure où, tous les démocrates en conviendront, l’avenir des nations en dépend ?

L’idée même de l’Europe développe un message d’espoir. Cet espoir est le moteur de toute activité humaine. Tout projet dans lequel on s’engage doit s’appuyer sur un idéal. Inscrite dans un principe de réalité, l’Europe continue d’incarner cette perspective. Elle garantit l’entente entre pays et, bien plus encore, le regroupement est un facteur de paix. Dans toute son histoire, depuis la fin dela Seconde Guerre Mondiale, l’Union Européenne n’a jamais été aussi indispensable dans la course mondiale.

Comme le déclare Nicolas Baverez avec la prise de hauteur qu’on lui connaît « Au XXIe siècle, le match n’oppose plus la démocratie et le totalitarisme, et ne se déroule plus entre Américains et soviétiques. Le duel oppose les Etats-Unis, ou plus largement l’Occident, et l’Asie, conduite parla Chine, pour la gestion la plus efficace du capitalisme universel. »

Dans le contexte que nous connaissons, il n’est pas un seul dirigeant qui ne s’aventure seul dans la création de son activité. Tout au moins sans s’assurer d’être non seulement soutenu par un entourage solide mais également par des partenaires dans le cadre d’un échange réciproque. Plus encore avec des associés à qui confier de véritables délégations. La perte du contrôle total qu’occasionne le fait de se regrouper n’a pas d’autre pareil que l’efficacité d’un projet collectif. N’assure-t-on pas que l’union fait la force.

[La nécessité de la mutualisation des moyens pour faire face aux déséquilibres, qu’ils proviennent de dysfonctionnement sociaux ou environnementaux, est omniprésente. A quelque échelle que ce soit, le regroupement est de mise comme la garantie d’une activité pérenne. Mutualiser, s’associer et construire des partenariats sont les témoignages d’un principe : celui de la responsabilité.]

En ce qui concerne l’action publique, le processus autant que l’impératif sont de même que pour l’initiative privée sur cette question. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, les collectivités territoriales créent les outils de leur mutualisation. Pour les élus locaux, l’Union Européenne est un partenaire incontournable des pouvoirs publics : étant elle-même force politique d’initiative, elle n’est pas en reste sur ce plan. Pour toutes ces raisons, l’Europe est une ressource, a fortiori pour les politiques nationales.
C’est pourquoi, en amont de tous les autres sujets qui animent la vie de la cité, nous nous devons de tenir l’Europe et l’international comme un idéal et surtout comme un horizon pour tous les autres sujets. Si l’on suit ce principe, cette thématique ne devrait-elle pas figurer au premier chef ? Trop souvent oubliée ou reléguée en ultime position, la perspective européenne devrait pourtant figurer en première place comme un moteur ou une locomotive, et plus encore comme le prisme qui oriente les autres projets. N’en déplaise aux partisans de la démondialisation : l’Europe est le meilleur vecteur d’une mondialisation partagée. C’est le plus sûr moyen de résister et d’entreprendre. Il me semble qu’à l’heure actuelle, il est irresponsable de s’exonérer de penser à l’échelle européenne.
Dire qu’il est d’abord nécessaire de s’intéresser aux sujets locaux, en arborant le fait que l’on doit en premier lieu résoudre les questions nationales avant d’agir à une échelle plus grande est une idée fausse et d’un autre âge. La meilleure preuve en est donnée par Corinne LEPAGE dont le mandat est européen et dont l’écho porte autant que celui des autres élus dans l’hexagone. De ce point de vue, se présenter à l’élection présidentielle en portant une mandat européen constitue une force supplémentaire doublée d’une véritable cohérence. C’est en effet, une manière d’unir la parole à des actes.
Partout en Europe les pays membres de l’Union sont confrontés à des problèmes similaires (endettement, migration de populations, protection sociale….) Dans les faits, à l’heure où nombre des problématiques vécues par les états membres se recoupent, la dynamique européenne semble à l’arrêt. Ce qui a pour conséquence qu’à l’intérieur de chaque pays les gouvernements tentent de mettre en œuvre isolément des mesures ad hoc pour leur pays. On est en train de passer devant une formidable opportunité, celle de pouvoir mettre sur la table des discussions européennes des questions qui relèvent directement de la gestion de la vie de la cité. Car le réflexe identitaire et le repli national semblent prendre le pas sur la dynamique de coopération européenne. Autrement dit, on perd la chance de montrer le visage d’une Europe qui se manifeste dans le quotidien des citoyens.

L’Europe ne doit pas être tenue à l’écart de notre réflexion nationale. Elle ne doit pas être l’aboutissement d’un processus engagé dans l’hexagone. L’opportunité qu’elle représente doit, selon toute logique, constituer le point de départ de toute initiative.

François-Xavier Helbert                                                                                                                                                                                     Délégué départemental Cap 21 -Maine et Loire

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