Lutte contre le changement climatique ou extension du domaine du marché ?

Posted on décembre 10, 2011

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Outre le destin du Protocole de Kyoto et l’établissement d’un nouveau traité, de nombreux sujets sont à l’ordre du jour à Durban, et je m’intéresse particulièrement aux négociations sur l’agriculture. L’enjeu peut sembler anodin puisqu’il s’agit seulement de décider si un groupe de travail va être lancé sur la question dans le cadre d’un comité technique. Il n’en est rien puisqu’il s’agit rien de moins que de décider si le carbone stocké dans les sols va être intégré à un marché carbone. La logique des Etats-Unis et de l’Union européenne est la suivante: plutôt que d’utiliser de l’argent public pour aider les pays en développement à baisser les émissions de leur agriculture, il faut attirer de l’argent privé, et le meilleur moyen pour ce faire est de vendre le carbone stocké dans les sols, ce qui permettra également de favoriser des pratiques agricoles favorisant un tel stockage. Bénéfice supplémentaire : au lieu d’être obligés de modifier leurs pratiques pour baisser leurs émissions de CO2, les tenants de l’agriculture industrielle des pays du Nord auraient simplement à acheter des crédits, et ainsi faire porter l’effort sur les paysans des pays du Sud. Cerise sur le gâteau, un marché carbone permet de se livrer à de la spéculation, et ainsi de faire de l’argent avec du carbone.

Retrouvez la suite de l’article sur le site de Corinne Lepage :

Et une interview de Corinne Lepage sur Libération : http://video.liberation.fr/video/iLyROoafrZWH.html

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