[EDITORIAL] L’écologie : une énergie positive

Posted on décembre 5, 2011

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L’écologie, hier encore valeur refuge des discours politiques est de nouveau mise à mal en ce début de période électorale. A croire que l’impératif de préservation de notre environnement ne parvient jamais à se pérenniser comme une priorité de l’action publique. De supplément d’âme, la prise de conscience environnementale redevient systématiquement l’option à caractère superfétatoire d’antan. Cette situation n’est pas tolérable dans une période où la politique doit non seulement se focaliser sur des enjeux réels mais surtout observer une attitude de constance, unique chemin de la morale.

Pour expliquer ce phénomène il y a bien entendu l’éternel débat qui oppose la question sociale à celle de l’environnement et qui se résume en substance à travers l’idée selon laquelle on répond d’abord à l’urgence des dysfonctionnements sociaux. Dans ses célèbres carnets André GIDE l’exprimait déjà : « Il y a ceux qui voudraient améliorer les hommes et il y a ceux qui estiment que cela ne se peut qu’en améliorant d’abord les conditions de leur vie. Mais il apparaît que l’un ne va pas sans l’autre et on ne sait pas par quoi commencer ». En vérité, ce réflexe primaire qui sous-entend « après nous le déluge » est aujourd’hui consommé.

[L’urgence sociale et celle environnementale sont tellement liées de manière inextricable que l’on peut affirmer que l’écologie est un humanisme. Elle appelle à se projeter dans l’avenir, elle incarne une dynamique intergénérationnelle et s’invite dans notre quotidien.]

A la manière de l’existentialisme d’hier elle porte un projet de vie. Lors d’une discussion récente avec un sympathisant, celui-ci m’avouait son plus grand scepticisme vis à vis des grands projets d’installation de panneaux voltaïques plutôt qu’à des actions de tri des déchets. Lui-même s’emploie au sein de sa copropriété à réduire le temps des minuteries, à organiser le local à poubelles. Les deux actions sont culturellement importantes car complémentaires. Mais sans doute, pour de nombreux citoyens, les gestes les plus concrets et quotidiens priment.

A cette problématique s’ajoute, celle, beaucoup moins noble de la bataille entre écologistes eux-mêmes. Les militants d’arrière garde et les nouveaux convertis, les jusqu’auboutistes et ceux plus raisonnés forment un incompréhensible tableau que les dernières compromissions entre deux antiques partenaires de gauche ont fini de brouiller. Si la tragique circonstance qu’a connu FUKUSHIMA rassemble à l’unanimité la communauté des écologistes et au-delà, il n’en reste pas moins que sur d’autres sujets, les polémiques demeurent. Et le plus souvent, sur des désaccords de méthode.

Alors pourquoi faut-il que l’écologie soit la victime collatérale d’autant de préjugés ? Il existe sans doute plusieurs raisons à cela. Et notamment parce qu’elle n’est l’apanage de personne ni d’aucun parti politique. « Il y a les rêveurs contre la technique » comme il y avait le siècle passé « les révolutionnaires contre les réacs ». Ainsi s’expriment encore certains haut fonctionnaires dans les coulisses du Grenelle de l’environnement.

Ce n’est pas le cas de CAP 21 qui fait le choix d’une écologie “humaniste” et par conséquent plus pragmatique qu’idéologique. De plus, le parti humaniste défend l’environnement comme un objectif transversal source de solution plus que de compromis. Car on ne le dit pas assez mais la maîtrise environnementale est créatrice d’emplois et localement de surcroît. Le savoir-faire français dans le domaine des éoliennes est reconnu et limite notre empreinte carbone.

Dans le cadre de son projet pour l’élection présidentielle, CAP21 a retenu le terme ”écologie positive”. Au delà du caractère sémantique de ce slogan, ce qu’il est important de retenir c’est que l’écologie, loin d’être punitive est un facteur de développement. Elle est source d’une vie plus harmonieuse. Par ailleurs, de la même manière que l’écologie ne peut se réduire à un faire valoir des politiques publiques, elle ne doit pas plus être l’instrument d’un quelconque ultimatum. Bien au contraire l’écologie doit être un des principaux outils des politiques publiques autant que de nos pratiques culturelles.

Là où nous manquons parfois de réjouissance en cette fin d’année, l’écologie concrète et positive défendue par CAP 21 doit être une source d’optimisme pour l’année à venir.

François-Xavier Helbert,                                                                                                                                                                                         Délégué départemental CAP 21 – (49)                                                                                                                                                                 

 

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