Fracturation hydraulique : quand les entreprises deviennent soudainement amnésiques !

Posted on septembre 20, 2011

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Comme nous nous en doutions lors du vote de la loi, les titulaires des permis de recherches d’hydrocarbures non conventionnels (gaz ou pétrole) ne font pas mention de l’emploi de la fracturation hydraulique dans le rapport qu’ils viennent de remettre au gouvernement (Total, Toreador, Elixir Petroleum, …) : une jolie pirouette alors que l’Etat aurait pu directement annuler les permis existants sur la base des informations techniques contenues dans les demandes de permis ou les notes remises aux investisseurs.

En effet, les compagnies ne se cachaient pas à l’époque d’avoir recours à la stimulation hydraulique en fin d’exploration pour mettre les puits dans des conditions proches de celle de l’exploitation et mesurer leur productivité (donc leur rentabilité commerciale). Qui aurait pu croire que les compagnies pétrolières et gazières allaient renoncer aussi facilement ? En réalité, elles cherchent aujourd’hui à poursuivre leurs études sur le sous-sol, améliorer leurs connaissances des gisements et à gagner du temps en misant sur un assouplissement à court ou moyen terme de la position des autorités françaises.

Toreador annonce ainsi que son programme d’exploration des schistes liasiques dans le Bassin Parisien commencera d’ici la fin de l’année avec le forage de 6 puits conventionnels. Son objectif est ainsi « d’entreprendre les étapes stratégiques et opérationnelles nécessaires à la création de valeur à long terme pour les actionnaires ».

Elixir, qui vient de créer la surprise en annonçant que la Lorraine détiendrait de considérables ressources d’hydrocarbures conventionnels et non conventionnels dans le périmètre du permis Moselle se situe sur la même ligne. Cette annonce basée uniquement sur la reprise de données anciennes doit être confirmée par des études de terrain et donc des forages pour tester et échantillonner le sous-sol, étapes préalables avant d’aller plus loin et lancer d’éventuelles opérations de fracturation. Selon elle, la France ne saurait continuer à ignorer les « bénéfices économiques et sociaux » qui pourraient être tirés de l’exploitation. L’amélioration des pratiques de la fracturation hydraulique dans le monde, la poursuite avec succès des recherches dans d’autres pays européens, la forte dépendance de la France sur les importations de gaz et de pétrole et les prix qui grimpent devraient selon elle permettre de réviser à terme la position des autorités et permettre alors à la compagnie d’exploiter les ressources non conventionnelles.

On ne peut pas être plus clair !

L’histoire n’est pas finie et continue de s’écrire. C’est la raison pour laquelle la mobilisation des populations, des associations, des collectifs, des écologistes doit rester de mise.

Eric DELHAYE
Président délégué de CAP21

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