Article d’Eric Delhaye : Enquête Agrican (Pesticides et cancers) : des résultats très partiels, la nécessité d’agir !

Posted on septembre 19, 2011

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C’est avec près de deux ans de retard que le GRECAN et la MSA viennent de publier une première note d’information relative à l’étude de cohorte Agrican lancée pour mieux appréhender l’incidence des cancers et de la mortalité en milieu agricole notamment en raison de l’exposition aux pesticides.

 

Les résultats annoncés sont pour le moins très partiels et peu développés.

 

Ils montrent en premier lieu que l’espérance de vie de la population agricole est plus grande que dans la population générale en raison d’une moindre exposition à certains facteurs de risques et que la mortalité par cancer y est inférieure, données que l’on connaissait déjà.

 

Cette mortalité est cependant un peu plus élevée pour certains cancers comme les mélanomes malins de la peau (hommes et femmes), les cancers du sein chez l’homme et les cancers de l’œsophage, de l’estomac et du sang pour les femmes.

 

Mais curieusement, rien n’apparaît sur les incidences des cancers (morbidité) ou sur les différences pouvant exister entre les exploitants et les salariés agricoles alors que de nombreux travaux scientifiques internationaux ont pu établir des liens entre l’exposition aux pesticides dans les exploitations agricoles et l’accroissement des cancers hormono-dépendants (prostate, testicules, seins) et des tumeurs cérébrales.

 

Rien non plus sur les atteintes neurologiques comme la maladie de Parkinson….

 

Il faudra peut-être attendre les études de suivi pour répondre à ces interrogations mais il ne faut plus attendre pour prendre toutes les mesures de prévention et de réduction drastique de l’usage des produits phytosanitaires pour protéger les populations. Cela commence par le fait de mettre fin à l’application de la TVA réduite sur les pesticides (5,5%) en contradiction flagrante avec les objectifs de réduction de l’usage des pesticides fixés depuis 2000 et confirmés par le Grenelle de l’environnement et le plan Ecophyto 2018. Voici une niche fiscale de 60 millions d’euros que l’Etat pourrait reprendre au profit du plan cancer !

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