Paroles de militant : Ces nouveaux monstres pénitentiaires, pourquoi faire ?

Posted on septembre 13, 2011

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Dans nos sociétés de droit, l’objectif de la prison est de faire prendre conscience à la personne détenue de sa faute et des conséquences sur les autres, pour qu’elle ne recommence pas.

Depuis une quinzaine d’années pourtant, les chiffres montrent que de
plus en plus de détenus repassent par la case prison.

Alors quel est le sens de cette politique qui vise à orienter la plus grande partie des investissements dans
des prisons « modernes », déshumanisées, de grande capacité – la jauge actuelle est de plus de 500 places ? Elle ne permet aucunement de répondre aux objectifs quant à la réinsertion des personnes détenues. Plus grave encore, le personnel pénitentiaire comme les détenus eux-même se retrouvent dans des situations de risque bien plus importantes, avec par exemple une forte
hausse du taux de suicide et des agressions sur le personnel.

Car dans les nouvelles prisons, construites sous le régime du partenariat public-privé (ce qui en soi n’est pas
obligatoirement négatif), de nombreuses tâches sont accomplies par de grandes entreprises du CAC40 donc l’objectif essentiel est la capitalisation boursière (c’est-à-dire l’enrichissement des actionnaires), bien avant la recherche de conditions de vie supportables pour tous. Les contacts humains réduits au minimum, la multitude d’intervenants impliqués, tout ceci a pour effet une méconnaissance profonde du détenu, ce qui est un terreau parfait pour les tensions et frustrations.

On a certainement réussi à tirer – provisoirement ! –  les prix vers le bas pour chaque place de prison nouvellement créée. Et effectivement, pour le personnel pénitentiaire, les missions ne changent pas, qu’il y ait 10 détenus ou 100 détenus à s’occuper. Mais les résultat en sortie de prison sont, eux, totalement différents.

Les personnes en situation de détention en France se situent bien en-dessous de la moyenne nationale en termes de niveau d’étude. Elles manquent en outre souvent de repères structurants, comme un milieu familial inséré dans la société. C’est pourquoi
la qualité de l’encadrement est essentielle pour adopter une réponse adaptée à chaque détenu.

Au lieu de construire ces monstres de béton qui ne servent qu’à engraisser les actionnaires, la France doit adopter une véritable politique pénitentiaire, avec des prisons à taille humaine, pour permettre à chacun de
retrouver une place dans la société.

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