Parole de miliant : La santé et le social

Posted on novembre 15, 2010

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Dans le cadre de la réorganisation des ministères il est, parmi d’autres, un point à noter face aux défis qui attendent l’action publique. C’est celui de la création d’un ministère des solidarités et de la cohésion sociale. C’est certainement un très bon outil pour combattre l’exclusion. De plus le vocable « solidarités » s’ouvre sur l’ensemble de la population et évite les stigmatisations. Il faut je crois s’en féliciter car c’est, pour le moment, un message fort.

Néanmoins, et là il s’agit d’une réelle erreur, celui de la santé n’est pas à la hauteur.

Parce qu’elle est vitale, la santé est une dimension essentielle de l’existence. Chacun fait en sorte au quotidien de prendre soin de lui. A tel point que la santé, n’est ce pas le premier voeu que l’on se souhaite, suivant la tradition, au commencement d’une nouvelle année. Et quand on voit ce que sont prêts à faire bon nombre de gens pour vivre toujours plus vieux, il est étonnant d’observer les dimensions parfois extrêmes que les soins peuvent prendre.

La santé c’est la troisième marche après le logement et l’éducation dans le processus d’insertion sociale. Et malheureusement la santé arrive aujourd’hui en cinquième position parmi les postes de charges du budget des ménages comme l’évoque un récent sondage de la CLCV. Non pas que les gens soient moins malades. Mais fautes de revenus suffisant il font passer cette dépense après le reste. C’est pourquoi, face aux risques grandissants d’exclusion sociale, la santé doit être affichée comme un des axes forts de la politique d’un gouvernement et comme partie intégrante de la solidarité. Bien sûr par le biais des Agences Régionales de Santé, cette thématique de l’action publique est à ce jour territorialisée. Néanmoins, il serait bon qu’elle bénéficie également d’un affichage national car c’est avant tout une compétence d’Etat.

C’est aussi pour cette raison que la santé est un enjeu majeur des politiques publiques. Car l’Etat se doit de garantir la protection de ses citoyens et ne peut déroger à ce principe non seulement républicain mais constitutionnel.

Mais de la manière dont la santé est définie dans ce nouveau pôle ministériel, aux côtés du travail et de l’emploi, c’est certainement réduire son champ d’intervention et par conséquent ne lui laisser qu’une place connexe certes mais trop spécifique. La santé c’est plus que cela c’est la prévention dans son acception la plus large. Bref doit-on le rappeler ici, c’est un des piliers de la protection sociale.

 

 

François-Xavier Helbert

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