Parole de militante : Barbie et Ben 10

Posted on octobre 28, 2010

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Ça y est, c’est reparti, les jouets de Noël sont réinstallés dans les magasins et comme chaque année, je suis outrée par la présentation que nous inflige la grande distribution. D’un côté, l’univers des filles de couleur rose, composée de poupons de toutes tailles, de poupées mannequins anorexiques, de chariots à ménage, à cuisine et autres accessoires censés représenter le rêve universellement féminin de devenir une princesse entretenue par son royal époux. De l’autre côté, l’univers des garçons, de couleur très sombre avec des rings de combat, établis de bricolage comme papa, de voitures qui consomment comme une grande, d’armes de plus en plus sophistiquées permettant de tirer de vrais projectiles et autre robots ne comptant plus les dommages collatéraux provoqués par leur irrésistible besoin de sauver le monde !A une époque où nos dirigeants légalisent sur la parité, où toute parole mysogine est traquée et exploitée dans la presse, où l’on calcule et recalcule les écarts de salaires entre hommes et femmes ; à une époque également où l’on fait des conférences de la paix, où l’on distribue des prix Nobel, où l’on condamne violemment toute violence gratuite ; pourquoi est-on à ce point en décalage avec les accessoires qui participent à la construction de la personnalité des futurs adultes responsables ?Quelle est le modèle de société que nous suggérons à nos progénitures ? être femme, c’est élever les enfants (je suis d’ailleurs surprise que le courant naturaliste n’ait pas encore mis sur le marché un sein gonflable apprenant à allaiter), faire le ménage, la cuisine, passer ses journées à changer d’habits, aménager son intérieur ou se balader en voiture de luxe (Ken fourni avec, muni de son portefeuille), pas le moindre signe de rêve professionnel ( à part peut-être infirmière et veto) Etre homme, c’est dans le meilleur des cas, taper à bras raccourci sur des établis, faire des courses de voitures ou passer son temps à tirer sur tout ce qui bouge, pas la moindre allusion à une paternité ou une participation aux travaux ménagers.Nos enfants ont sans doute une immense capacité à prendre du recul et s’imaginer tout seul la vie qu’ils auront choisi de mener mais au nom de quel précepte leur donne-t-on une vision de leur avenir sexuellement codifiée ? Les magasins répondent à une demande mais la publicité façonne notre quotidien, alors c’est le serpent qui se mord la queue, c’est sans espoir.

Un petit pourtant, que je tiens à souligner : les grandes marques de magasins spécialisés comme Toy’s R’us, Joué club, la grande récré, éveil et jeux ne classent plus de cette façon, mais par catégories thématiques. Le classement par sexe est maintenant l’apanage de la grande distribution généraliste ; malheureusement, ce sont les plus vendeurs !

Sophie Briand Boucher.

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