La jeunesse française : une génération sacrifiée ?

Posted on octobre 26, 2010

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Dans la rue depuis plusieurs semaines, la jeunesse française s’interroge sur son avenir et sa capacité à intégrer le monde du travail. Une part non négligeable de ces jeunes ont aujourd’hui le sentiment d’être une génération sacrifiée, mais qu’en est-il réellement ? Les jeunes français et ligériens ont-ils raison de s’inquiéter quant à leur avenir ?

D’où vient ce sentiment de rejet de la jeunesse ?

Voici quelques éléments de diagnostic indispensable pour comprendre l’état d’esprit des jeunes français :

  • 23,3% de chômage chez les jeunes de 15-24 au deuxième trimestre de 2010 (9,3% pour l’ensemble des catégories d’âge).
  • Fin 2008, près de 7% des jeunes  exerçaient une activité comme intérimaire, 27% en CDD et 15,3% sont en apprentissage. 50% des jeunes disposent d’un contrat précaire.
  • 20% des jeunes vivent en dessous du seuil de pauvreté (45% des pauvres en France ont moins de 25 ans).

Conclusion, d’un point de vue strictement statistique, rien de bien encourageant donc pour les français les plus jeunes…

A cela s’ajoute depuis plusieurs années une infantilisation grandissante des moins de 25 ans et un rejet de cette catégorie de la population au prétexte qu’elle ne dispose pas de suffisamment d’expérience…

Depuis plusieurs années et peut-être aujourd’hui plus encore, nous offrons aux générations futures une société anxiogène, austère et pleine de rigueur. Chômage, précarité, pauvreté, instabilité, individualisme etc. seront très vraisemblablement des termes qui rythmeront la vie des plus jeunes dans les années à venir.


Il est donc légitime que les jeunes générations s’inquiètent pour leur avenir.

Pourtant,  il existe heureusement des solutions pour leur redonner de l’espoir et les intégrer d’avantage dans notre société.

La réforme des retraites que Nicolas Sarkozy a proposée à la France et à sa jeunesse renforce ce sentiment de sacrifice chez les plus jeunes (étudiants et jeunes chômeurs). En demandant aux plus jeunes de faire des sacrifices supplémentaires pour préserver le système de retraites des quinquas et en ne leur assurant pas la moindre retraite, le gouvernement a une nouvelle fois fait déborder le vase.

La meilleure réponse que nos dirigeants ont pu trouver pour attenuer à ce malaise a été de monter les générations les unes contre les autres et de qualifier les plus jeunes comme des irresponsables.

D’un autre côté, Rama Yade commence à faire les yeux doux à la jeunesse en publiant sa « Lettre à la jeunesse », pour attirer les jeunes vers la droite et l’UMP lors des prochaines présidentielles. D’ailleurs, le constat formulé par Rama Yade est exact : la jeunesse est devenue une « classe dangereuse »…

Mais qu’est ce que Nicolas Sarkozy, Rama Yade et l’ensemble de la majorité présidentielle a fait pour faire changer les choses et intégrer plus largement les jeunes à notre société ?

Un Ministère de la Jeunesse et des Solidarités Actives existe bien aujourd’hui, mais quelle politique met-il en œuvre ?

Personnellement, je ne le sais pas, si ce n’est le RSA qui n’a jamais répondu à une préoccupation des plus jeunes. La réponse de nos gouvernants au problème de la jeunesse n’est pas à la hauteur.

L’âge avancé de nos hommes politiques peut grandement expliquer ce manque de prise en compte de la jeunesse et le profond décalage existant entre le projet de société qui est proposé aux jeunes générations et leurs aspirations.

Pour en finir avec ce sentiment de génération perdue et sacrifiée et redonner de l’espoir à la jeunesse française, il existe une solution : remettre la jeunesse au centre du débat et lui accorder une plus grande place dans le débat politique.

Par exemple, les plus concernés par la réforme des retraites sont bien les jeunes car ce sont eux qui seront les plus impactés et qui devront travailler plus pour gagner moins ( jusqu’à 67 ans en moyenne du fait de l’allongement de la durée des études).

Quelques  pistes de réflexion :

Au-delà de ce projet d’un nouveau rapport entre les générations et d’un nouveau dialogue, d’autres politiques doivent être mises en œuvre pour soutenir leur développement et leur émancipation.

Nous n’avons pas l’intention d’apporter des réponses aux problèmes de TOUS les jeunes français dans leur individualité (il n’existe bien évidemment pas de profil « type » des jeunes en France mais des dizaines voire des centaines de profils différents…), mais nous pensons néanmoins que les pistes suivantes doivent être explorées :

  • Développer les parcours éducatifs alternatifs : Chaque année, notre modèle scolaire laisse près de 150 000 jeunes sur le bord de la route, sans diplôme, sans projet, sans emploi. Les collèges et lycées expérimentaux, alliant à la fois souplesse et rigidité, sont aujourd’hui une réponse pour ces jeunes qui ont totalement rejeté notre système éducatif. L’expérience du lycée expérimental de Saint-Nazaire, celle du collège Anne Franck du Mans, etc. doivent à notre sens être reproduit ailleurs en région Pays de la Loire.
  • Pour rester dans le domaine éducatif, l’apprentissage et certains métiers (bâtiments, restauration…) doivent être revalorisés. Ces secteurs ne doivent en effet plus être des voies de secours vers lesquels les élèves éprouvant le plus de difficultés sont orientés.
  • Redéfinir clairement le mode de fonctionnement des périodes de stages de fin d’études (création d’une rémunération, acquisition de droits sociaux…) afin de limiter le nombre d’emplois masqués et de permettre de revaloriser les stagiaires.
  • Nous devons encourager l’esprit d’entrepreneuriat chez les plus jeunes générations en créant par exemple une structure régionale de soutien et d’appui des juniors entreprises (soutien financier, technique, humain, etc.).

D’autres propositions pourraient être formulées pour accompagner les plus jeunes vers un avenir moins sombre mais, rappelons le pour conclure cet article, c’est également à eux de définir leur politique et le monde dans lequel ils souhaitent vivre demain.

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