Corinne Lepage : La double peine

Posted on octobre 19, 2010

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Le nombre de cancers est en explosion et leurs liens avec certains produits que nous consommons, l’environnement dégradé (air et eau) et le stress généralisé dans lesquels nous vivons apparaissent de plus en plus étroit.

Autrement dit, une mauvaise gestion du risque, un déni de corrélation entre santé et environnement et des conflits d’intérêt systématisés expliquent, du moins pour partie, cette épidémie de cancers mais aussi de maladies neuro-dégénératives (voir par exemple pour le Parkinson et certains pesticides).

C’est précisément le moment choisi par la commission Attali pour remettre en cause (sur ordre ?) la prise en charge à 100% des ALD et en particulier du cancer tout en recommandant d’abandonner le principe de précaution dont l’objectif premier est d ‘investir dans la recherche pour anticiper des effets négatifs de produits et/ou de technologies cancérigènes, mutagènes ou reprotoxiques.

Si cette prise en charge à 100 % est remise en cause, il est évident que seuls certains malades pourront se soigner, voire très peu, car les coûts de traitement sont en dehors de toute bourse, qui n’appartient pas au CAC 40.

L’assurance deviendra quasi obligatoire avec la barrière financière et la barrière liée à l’état de santé préexistant.

Ainsi, le renversement de tous les principes de base, non seulement ceux de la solidarité nationale en matière de santé mais encore ceux de la responsabilité, sont abandonnés au profit des « nouveaux principes » qui semblent diriger la commission Attali : principe pollué–payeur, principe cobaye-payeur, principe d’inégalité.

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